Témoignage d’Alain sur sa vie avec Marie-France

 Toutes les expériences de la vie sont enrichissantes même lorsqu’elles sont difficiles.

J’ai en effet vécu 10 ans avec une femme atteinte de troubles bipolaires.

Elle avait 50 ans lorsque nous nous sommes connus et son extrême fragilité m’a tout de suite sauté aux yeux mais ému aussi.

Très rapidement, elle m’a dévoilé qu’elle était traitée depuis plus de 30 ans et qu’elle avait 2 rendez-vous mensuels chez une psychiatre, ce qui m’a rassuré.

Néanmoins, j’ai été surpris du fait qu’elle avait coupé les ponts avec sa mère, ses 2 filles âgées à l’époque de 15 et 20 ans, et la totalité de ses amis.

Elle savait faire preuve d’une gentillesse, d’une disponibilité et d’une bienveillance hors du commun (ainsi, elle a dormi une semaine sur un lit de camp pour être avec mon père hospitalisé).

Mais ces moments de bonheur contrastaient avec des jours de léthargie (48 h dans le noir sans sortir) et par une extrême violence verbale et physique à mon égard et à l’égard de mes proches .
Au bout de 5 ans environ mes enfants ont refusé tout contact avec elle et je devais monter des stratagèmes pour voir mes enfants sans qu’elle le sache …

J’ai vécu avec elle 3 tentatives de suicide non simulées puisque l’une a laissé des séquelles physiques.
J’ai connu les urgences psychiatriques et le CPN mais également des moments de grand bonheur.

J’ajoute que plusieurs fois, elle a mis les finances du couple dans le rouge, n’hésitant pas à acheter ou à m’acheter des objets de luxe d’un montant inconsidéré (par exemple un sac à main à 5000 euros…)

J’ai longtemps pensé qu’elle se stabiliserait et qu’elle pourrait s’équilibrer.

Avec elle, j’ai ressenti la profondeur de cette maladie qu’elle subissait et son mal-être.

Ma famille et mes amis ont eu peur que je m’isole aussi et que je glisse aussi.
Ils ont fait pression pour que je me préserve.

C’est une psychologue qui a géré notre rupture et lui a fait comprendre que si elle tenait à moi, elle devait me quitter, ce qu’elle a admis.

Aujourd’hui, c’est sans regret et avec beaucoup de lucidité que je pense à ces années qui n’ont pas été négatives puisque les sentiments ont existé et qu’ils ont été réciproques.

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