L’Est Républicain – 7 février 2019 – Bipolarité : des jeux pour en parler

Article de l'Est Républicain du 7 février 2019 sur les après-midi de rencontres autour du jeu de société organisées par l'association
Article de l’Est Républicain du 7 février 2019 sur les après-midi de rencontres autour du jeu de société organisées par l’association

Les groupes jouent aux cartes et s’amusent à la MJC Lillebonne. L’événement est organisé par l’association « Bipolaire ? Si tu savais » et a pour but d’informer le public sur ce trouble psy méconnu.

Errance thérapeutique

Paul, 68 ans, affiche un petit sourire, son regard semble dire quelque chose de la dureté de l’existence. Il a été diagnostiqué bipolaire à la suite, comme souvent, de plusieurs chocs émotionnels violents. Une épouse malade, décédée des suites d’un cancer. Une mère accompagnée dans la mort. Un burn-out, à 52 ans.

Un écorché, à vif, pour qui le Lithium, traitement approprié pour les troubles bipolaires et une compagne tendre jouent les rôles de bouées de sauvetage pour avancer. On le rencontre lors de l’après-midi de jeux organisée à la MJC par l’association « Bipolaire ? Si tu savais ». Parce qu’effectivement, on ne sait pas. Les psychiatres non plus, souvent.

Pour Paul, l’errance thérapeutique a été longue. 5 ans d’antidépresseurs inutiles, « Pour ne ressentir que des effets secondaires », souffle l’homme.

Déstigmatiser la maladie

Les jeux de société, aujourd’hui, ne sont qu’un prétexte pour sensibiliser le public aux troubles bipolaires. « Nous voulons contribuer aux efforts de déstigmatisation », explique Marie-Paule Pierrel, présidente et cofondatrice de l’asso. « Beaucoup d’idées reçues circulent sur les personnes bipolaires. Comme de dire que dans la vie, il y a des hauts et des bas pour tout le monde, ou encore qu’il leur suffirait de se bouger pour aller mieux. C’est pourtant une véritable maladie, dont on ne guérit pas. Cependant, l’état peut se stabiliser ».

Ces troubles se caractérisent par des moments d’euphorie, appelés pôles maniaques qui peuvent durer plusieurs mois, et d’autres d’intense déprime, nommés pôles dépressifs. « Cela déséquilibre la vie quotidienne, familiale, rendant parfois les mariages difficiles… », ajoute la présidente de l’association. Environ 1 % de la population présenterait ce type de troubles, mais il n’existe pas de profil type. Les origines sont aussi à chercher du côté de la génétique.

En parler, donc, pour aider les aidants et les malades. Comme le dit Paul, « Ce n’est pas simple avec les proches. Quand je l’évoque, ils détournent parfois le regard, ne souhaitent pas discuter de ça ».

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