Je suis la bipolarité

Je suis la Bipolarité,

Connais-tu ?

Maladie invisible,

Humeur chahutée,

Manie, apathie,

Insomnie, hypersomnie,

Hypersensibilité, hyperéactivité ?

Je suis la bipolarité.

Connais-tu ?

Exaltation, dépression,

Stigmatisation, répercussions,

Combat, gouffre,

Idées noires, désespoir,

Vulnérabilité, hérédité ?

Je suis la bipolarité.

La sournoise, moqueuse,

Comme la lune de mars,le soir.

Celle qui sans hésitation,

Te fais osciller,

Entre toutes ces émotions.

Je me sustente

De tes hilarités,

Je me sustente

De tes défaillances.

Tantôt je te galvanise,

Tantôt je te désespère,

Je fais de toi

Un être de mystère,

Te laissant te débattre

Dans ton propre univers.

Je t’observe, échafauder

Des murailles poisons,

Parées d’apparences,

Emplies d’appréhensions.

J’épie, ton humeur chagrin

Qui cambriole impunément,

Tes valeurs, tes pensées,

Ton intimité, ton butin.

Pauvre tête martelée,

Ton horizon est bouché.

Décrédibilisé, torturé,

Désemparé, épuisé,

Tes circonvolutions risquent de saigner.

Tu ne supportes plus ton bourreau.

Commencent à te gagner des pensées caveaux.

Ainsi, du fond de ta torpeur,

S’offrent à ta douleur,

Les Thymorégulateurs.

Avec eux, tu inspires,

Tu expires,

Tu t’oxygènes,

Tu te rythmes,

Tu te rééquilibres,

Tu Existes,

Et même si ta frayeur

Te fait encore souffrir,

Tu combats sans faiblir

Ton désir de mieux vivre.

Enfin, tu entends,

Ton entourage aimant,

Qui telle une béquille,

Te passe en boucle

Tous les possibles

Dans leurs chants.

Peu à peu, tu quittes ta blanche détresse

En percevant les heures bleues

Feuilletées de promesses.

Raréfiées deviennent tes variations.

Vogue délicatement ta stabilisation.

Pour quelques mois,

Voire quelques années.

Mais ne te fais pas d’illusions,

En toi, je veille,

Je suis incrustée,

Tout comme les virus en sommeil,

A la moindre incartade,

Je suis prête à me réactiver…

Pernicieuse, mais fidèle,

Avec moi, les jours merveilles,

Ne sont pas éternels.

Cependant, le temps file par devant.

Jalonnée d’avancées,

La recherche, ne cesse de me traquer,

De me décortiquer.

Farfouillant dans mes synapses neuronales,

Elle a découvert une protéine déficitaire.

La CPG2 provoquerait ces troubles délétères.

Cette molécule parasiterait la conduction normale des neurotransmetteurs aux

Récepteurs.

D’où tous ces malheureux courts-circuits dans le réacteur.

Reste, maintenant à décrypter, le ou les défauts à restaurer.

 

En attendant, sois patient,

Enveloppe-toi douillettement

Dans un espoir de laine,

Et nourris, une seule envie

Loger, au chaud ta vie.

E.G. Mars 2019, Association Bipolaire? Si tu savais…

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